Les tahitiens ne savent pas surfer
Tahiti 80 fait partie de ces groupes français, avec Phoenix, Daft Punk et Justice à leurs débuts, qui vendent plus d'albums à l'étranger que chez eux, dans l'hexagone. Dure loi du marché d'un pays qui se targue d'une exception culturelle mais qui préfère William Baldé à Déportivo ou Crazy Frog et David Tavaré à "Rinôçérôse" ou Adam Kesher. Tahiti 80 n'aura donc pas été prophètes en son pays, depuis sa naissance en 1993, mais aura déchaîné les foules en Angleterre, aux Etats-Unis et au Japon. C'est dire si ce quatrième album ne nous est pas directement destiné à nous, français. Mais il n'empêche, certains irréductibles gaulois ont su apprécier, jusqu'à maintenant, cette voix nonchalante et haut perchée, au service de cette pop sucrée, orchestrée à la sauce Tamla Motown qui faisait tout le charme de Tahiti 80.Seulement voilà, depuis Fosbury en 2005, Amy Winehouse, Duffy, Jamie Lidell, ALB, Housse de Racket, One-Two ou encore Barth sont passés par là. Et si les Tahiti 80 paraissaient jusqu'alors uniques, avec leur fausse nostalgie jonglant entre la patine des airs lointains et des mélodies toujours d'actualité, force est de constater qu'ils se sont fait rattraper, aujourd'hui, par une nouvelle vague qu'ils ont eux-mêmes lancée. Noyés dans la masse, difficile de les distinguer. Activity Center parait bien plat et sans saveur. La recette est toujours là, certes, mais le goût n'est plus aussi exceptionnel. A force de manger le caviar à la louche, on finit par le confondre avec des œufs de lump... même à Tahiti.
Choisir le nom de Tahiti 80 pour un groupe pop originaire de Rouen, c'était faire preuve d'une certaine audace. Prendre le parti de chanter uniquement en anglais, dans les années 90, en Normandie, c'était faire preuve d'une certaine audace. Citer comme influences les Clash, les Stone Roses et Curtis Mayfield c'était faire preuve d'une certaine audace. Mélanger ces influences dans ses albums c'était faire preuve d'une certaine audace. Mais sortir un album comme Activity Center, en 2008, en revanche, c'est en manquer cruellement. Dommage, on était en droit d'espérer qu'après avoir lancé un mouvement, Tahiti 80 nous montre un autre chemin.
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Les Commentaires des ZikeoNautes





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Je trouve que cet article fait preuve d'une certaine audace.
Cher Davy, tu prétends que les T80 sont à l'origine d'un mouvement qui a fait la fortune des Amy, Duffy et consoeurs ? Visiblement tu n'as pas fait assez de battage sur les albums précédents pour offrir aux Tahiti 80 cette fortune qui leur échappe encore dans leur France natale... Heureusement les Ricains et Les Nippons ne s'y sont trompés eux, mais bon comme dit l'autre nul n'est prophete... etc. Quand à l'audace pour un groupe normand de chanter en anglais je rappelle à ta mémoire que les Dogs, Little Bob, Les Roadrunners, Soligny, Mister Moonlight, Fixed Up ne chantaient pas en cauchoix ! Ca fait quelques années que ces gars la nous servent (et produisent ... Calc, Fugu ) une pop d'une rare qualité en France et tout ce que tu trouves à faire c'est les descendre ! Je te laisse à tes considérations étriquées de rock critic à 3 balles Pitié rendez nous Philippe Garnier !!!!