
Blondie ? "Un carrousel sixties en kit avec orgue Fafisa incorporé, une fausse ingénue perverse, des costards de puces, des chinoiseries, un goût de feuilleton bon marché. Un stéréotype et son émancipation" (François Gorin).
En 1974, Debbie Harry, délicieuse lolita décolorée (qui cache bien son jeu à près de trente ans...) et son compagnon, le guitariste Chris Stein, quittent le groupe des Stiletos pour monter Blondie, à mi-chemin des romances soyeuses des formations féminines des sixties et de l'énergie pure du punk qui commence à agiter la Grosse Pomme. Malgré un premier album éponyme très réussi en 1977 (produit par un producteur en herbe plein de talent, Richard Gottehrer), Blondie a du mal à démarrer. Mais l'année suivante, avec la sortie de Plastic Letters, produit par Mike Chapman, une véritable lame de fond envahit soudain les hit-parades.
"Denis" ou "I'm Always Touched By Your Presence Dear" impose d'un coup une chanteuse sexy, dont la voix monocorde et immédiatement identifiable surf sur un pop-punk tonique et entêtant, Parallel Lines (sans doute leur meilleur album) achève de convaincre, l'année suivante, les plus sceptiques.